JURA-THAI-DISCOVER and Caves of Thailand

Compte rendu des plongées à la Trouillette 2010/11

 

 

 

 

Voici le déroulement détaillé des expéditions, qui ont permit le franchissement du siphon de la galerie Saint Valentin à la Trouillette (Champfromier, Ain) par Stéphane Girardin en 2011.

 

 

 

 

 

 

Par STEPHANE GIRARDIN

 

 

 

 

"COMPTES RENDU TROUILLETTE 2010

 

29.09 :

 

Grâce à Vistal la semaine précédente, Julie, Lulu et Raoul ce jour-ci, j’ai reçu l’aide nécessaire pour pouvoir enfin plonger le fameux siphon de la galerie Saint-Valentin. J’y étais venu il y a plusieurs années avec Olivier Rodel,  puis à deux ou trois reprises, notamment pour l’aider au portage lorsqu’il avait fait une partie de la topo de ce siphon en compagnie d’Olivier Lanet.

 

Olivier Rodel me disait qu'il y a beaucoup à espérer des plongées dans ce siphon mais, étant donné les efforts de portage pour y plonger, et qu’avec les potes de Lausanne et Genève nous sommes une très petite équipe hors club avec déjà quelques objectifs, la Trouillette a été mise de côté.

Seulement, au début de cet été, je tombe sur une info. supplémentaire : le siphon a certes été exploré sur 800 m. pour 54 m. de profondeur mais un compte rendu de l’accident de Patrick Rouillon précise que le siphon remonte ensuite jusqu’à 12 m. sans autres précisions. Ceci me fait donc un sacré effet car si ça sort, ça change sacrément la donne !

Je me dis alors qu’il y a quelque chose à faire mais tiens d’abord à m’assurer que personne n’est sur le coup. A partir de là les téléphones s’enchaînent : Bébert me dit de prendre contact avec le club de Bellegarde, Julie m’informe que rien n’est en cours mais qu’ils seraient enchantés que quelqu’un s’y remette. Enfin, Lulu me donne des infos sur les expés auxquelles il a participé, ainsi que les noms de ceux qui y étaient. Parmi eux, Michel Neyroux qui prend aussi du temps pour me raconter les incursions des années 80. Et c’est en lisant le déroulement de la plongée de Xavier Goyet qu’il m’a envoyé que je constate à regret que le siphon redescend à 25 m.... après être finalement remonté à seulement 9 mètres ! Je suis un peu déçu mais la machine est lancée car il y a l’équipe de Bellegarde et Lulu qui sont disponibles, ce n’est pas loin, et le potentiel est confirmé, alors on y va !

 

 

Ainsi, après avoir au préalable reconnu d’autres coins du réseau avec Michael lorsque Jérôme nous a gentiment accompagnés en mai, j’amène des blocs à travers le S1 jusqu’au ressaut lors de la sortie avec Julie et Lulu début juin.

A cette occasion je constate les talents de conteur de Lulu et, à travers ses récits haut en couleur et souvent comiques, toutes les expériences variées qu’il a emmagasinées. Il m’a notamment fait une riche description de l’historique du lieu et des plongées effectuées lorsque l’accès à la grotte se faisait depuis le lit de la rivière.

Lors du portage avec Vistal de fin septembre, en haut du ressaut, Bébert complète le récit de Lulu pour dresser le tableau des aventures vécues ensemble ici ou ailleurs. Mis à part quelques récits de Cyrille Brandt, je n’ai jamais eu droit à des infos aussi denses sur ces fastes années de découverte.

 

Et nous voici donc une semaine plus tard. Prise de contact avec le siphon : effectivement, début chaotique entre les blocs effondrés avec une section rectangulaire similaire à la partie sèche. L’équipement des années 90 est bien en place et en bon état. J’essaie de relier le fil au câble le plus souvent possible lorsque ça ne change pas l’orientation. Une couche d’argile recouvre uniformément le sol et les rochers épars mais, contrairement aux apparences, elle est assez fine et il y a souvent du sable en-dessous.

Les 100 m. passés ça plonge un peu pour aussitôt déboucher à travers un passage rétrécit et des blocs éboulés dans une petite salle. Le câble se termine à 150 m. et il n’y a pas besoin de dérouler de fil topo car l’ancien est toujours là, une seule étiquette manquant à 180 m.

Le siphon est beaucoup plus varié que je me l’imaginais, que ce soit par les variations de niveaux ou de direction, même si l’orientation générale semble assez claire ; il y a aussi alternance de zones de dépôts et d’endroits avec peu de sédiments. Il y a un passage intéressant vers 240 m. (à confirmer) où la visibilité se réduit fortement lors d’une descente, tombant à 1,5 m. max. et passant du vert à un jaune sale durant tout le passage plus profond, la visibilité redevenant nettement meilleure une fois le changement de niveau à nouveau effectué (également constaté lors de la deuxième plongée). A un autre endroit, l’eau est très limpide et la roche presque blanche, nervurée de jolis dépôts linéaires noirâtres. Je remarque un départ latéral sans y aller; il y a semble-t-il des arrivées d'eaux distinctes à certains endroits qu'il s'agira de répertorier précisément.

 

Les fils sont toujours en bon état mais un des deux fils passe au plafond sur une petite portion et il faut bien l’avoir à l’œil. Parvenu à 310 m. le fil topo s’arrête. Je suis à la moitié de mon relai et ne tiens pas à entamer mes blocs dorsaux que je garde en réserve pour de plus grosses plongées car je ne veux pas les transporter à nouveau étant donné leur poids et leur encombrement. Je décide donc de renter. Sur le retour je replace parfois les fils et le câble en y ajoutant des amarrages et fait des spaghettis à deux endroits avec du fil dédoublé qui s'est détaché.

Je suis sorti plus tôt que prévu (plongée 24 m. et 68 minutes) et ai le temps de tout ramener et conditionner à la zone d’habillage avant l’arrivée de Julie, Lulu et Raoul. Parvenu à la salle de l’Horloge il faut se changer pour la quatrième fois dans la grotte afin de repasser le S1 avec le matos. Raoul viendra m’aider pour tirer le recycleur hors de la pente post S1. Et, en arrivant vers les voitures, une lueur et un joyeux crépitement annoncent le feu préparé par Sylvain qui a tout amené : ce sera l’occasion de mieux se connaître et de passer de bons moments après cette journée assez fatigante.

 

05.10.2010 :

 

Un pote voulait visiter la grotte, l’occasion de me servir des deux blocs de quatre litres prévus pour le S1 pour aller voir le siphon qu’il y a dans la galerie du Chien. Lulu et Vistal me l’avaient indiqué lorsque nous sommes allés faire un tour dans cette galerie lors d’un portage. Je l’avais trouvé assez attrayant même si, aux dires de Lulu compte tenu de la zone, il n'y a pas grand intérêt à le plonger.

Etant donné que ma combi était couverte de boue la visibilité s’est de suite réduite à moins de dix centimètres. De plus, ma configuration à l’anglaise incomplète faisait que les blocs raclaient en permanence, je n’ai donc progressé que sur deux ou trois mètres. Peut-être que ce sera pour une autre fois en retirant la sur-combi pour plonger avec une combi propre.

 

 

03.11.2010 :

 

Après le portage de hier et une bonne nuit chez Vistal, Christophe et ce dernier m’accompagnent au siphon et m’aident pour la mise à l’eau. Je prends du plaisir à le parcourir avec la possibilité de mieux l’observer.

Parvenu à 310 m, je raccorde le fil topo. La galerie descend par paliers successifs, il n’y a pas de dépôts argileux importants et le sol est le plus souvent dépourvu de blocs. La section est assez régulière et bien plus arrondie qu’auparavant, dans le genre conduite forcée et il semble qu'il y ait aussi une zone en interstrate. La visibilité étant de trois mètres au plus je ne distingue pas toujours la paroi opposée.

Le fil d’explo passe vraiment au plus court, ce qui est logique vu les contraintes de matériel et de temps des précédentes plongées effectuées en circuit ouvert. En voulant l’éviter en milieu de galerie je m’emmêle en plusieurs endroits avec celui que je déroule mais, une fois bien stabilisé en pleine eau, ce sera assez vite résolu. Peu après je suis un peu déçu de devoir déjà stopper à 410 m. car je suis à 40 m. de profondeur et mon mélange ne me permet pas de descendre plus bas (plongée 40 m. et 93 minutes).

La prochaine fois je ferai en sorte de parcourir la zone profonde et remonter de l’autre côté. Et, une fois le fil topo en place jusqu’au bout, on pourra s’atteler à la topo et ramener une vraie description des parties caractéristiques du siphon.

 

La journée du 11.11 nous a permis de sortir ce qui devait l’être et de sécuriser pour l’hivernage plusieurs bouteilles notamment grâce aux initiations de spitage, et aussi de mettre les câbles et cordes de la falaise à l'abri, travail effectué vu l'acharnement de certains pour tout démonter.

Au printemps nous y retournerons et, une fois les beaux jours revenus, je me dis que passer quelques jours sur place pour bien avancer serait une bonne idée.

 

 

 

J’ai eu bien du plaisir à découvrir toute cette équipe motivée et active en plusieurs endroits que je remercie pour les énormes coups de main, sans parler des bons moments autour du feu ou ailleurs !

 

Stéphane

 

 

 

COMPTE RENDU SORTIES TROUILLETTE 2011 :

 

 

 

 

 

24.05 :

 

 

 

Présents : Jérôme, Stéphane, Sylvain

 

 

 

Jérôme et Sylvain rééquipent l’accès à la grotte pendant que je passe par le S1 pour amener du matériel jusqu’aux ressauts.

 

 

 

26.05 :

 

 

 

Présents : Jérôme, Stéphane, Sylvain

 

 

 

Nous acheminons le matériel jusqu’au siphon de la galerie Saint-Valentin en effectuant plusieurs aller et retour. Les bouteilles laissées à proximité du siphon ont passé l’hiver sans souci.

 

 

 

30 / 31.05 :

 

 

 

Présents : Jérôme, Stéphane

 

 

 

Jérôme me donne un coup de main pour monter le recycleur et amener encore du matos afin d’être prêt pour la prochaine fois.

 

 

 

04.06 :

 

 

 

Présents : Nico, Stéphane

 

 

 

Ma configuration lourde consistant à avoir des blocs en réserve sur le dos me permet d’utiliser uniquement et, si besoin, totalement les blocs en relai, et donc de réduire le transport des bouteilles entre les plongées. Mais ce surplus de matériel complique la progression sous l’eau : n’ayant plus de souvenirs suffisamment précis du cheminement à emprunter dans la partie initiale du siphon, je m’emmêle plusieurs fois avec les relais et le propulseur dans le câble et le fil qui s’était détendu depuis l’année passée, ce qui rend l’eau rapidement trouble, compliquant encore la tâche pour me démêler et trouver le bon passage. Rien de grave mais combiné à un problème de purge urinaire qui ne me fera certainement pas sortir sec vu la longueur envisagée de la plongée, je préfère ressortir pour revenir en configuration plus légère pour acheminer une partie des blocs en amont.

 

 

 

09.06 :

 

 

 

Présent : Stéphane

 

 

 

Passé le S1, je ne quitte pas ma combi et me mets à l’eau pour amener des blocs et le dévidoir préparé par Lulu dans le S2. En bi 7 et avec ma vieille combi. humide de 5 mm qui ne me permet pas de flâner, je prends quand même bien du plaisir à retrouver le siphon et prends des repères pour mieux passer la prochaine fois en configuration plus lourde.

 

Je laisse de l’oxygène à 9 m. et sort de la salle par la sorte de lucarne pour poser le reste des blocs sur le col qu’il y a juste après. Au retour, je replace le fil détendu dans la première partie et rajoute quelques amarrages.

 

 

 

11.06 :

 

 

 

Présents : Christophe, Jérôme, Stéphane

 

 

 

Jérôme effectue un aller et retour à vitesse impressionnante pour amener du matos jusqu’au siphon avant d’aussitôt retourner au travail. Avec Christophe nous prenons notre temps pour bavarder et préparer la plongée une fois parvenus au siphon.

 

Cette fois, le trajet dans la première partie se passe très bien. Je prends au passage le matériel précédemment déposé. Je ne peux pas constamment utiliser le propulseur, et le plus souvent qu’à vitesse modérée, car la galerie de taille moyenne comporte des rétrécissements ponctuels et deux fils la traversent à certains endroits.

 

A 400 m. de l’entrée et 40 m. de profondeur je raccorde mon fil topo et passe sur le mélange fond. Cette zone nouvelle pour moi est plutôt propre et régulière : en conduite forcée globalement circulaire dans la progressive descente, elle prend ensuite une forme plutôt rectangulaire dans le cheminement au fond, comportant quelques rares et courts passages avec des blocs éboulés. Le bon état de l’ancien fil me surprend. L’amorce de la remontée à partir de 55 mètres est nette, interrompue vers 37 m. par une galerie horizontale d’une vingtaine de mètres de long, puis ce beau puits se poursuit de manière subverticale, comme décrit par Xavier Goyet.

 

Lorsque je parviens à 25 m. j’ai déroulé l’entier du fil pour une distance de 600 m. J’hésite à poursuivre mais réfrène ma curiosité car je préfère consommer du gaz utilement plus tard en déroulant un autre dévidoir de fil topo.

 

Le propulseur me permet de réduire les paliers vu le temps gagné en profondeur. La portion parcourue aujourd’hui m’a beaucoup plu et je sors tranquillement pour rejoindre Christophe qui s’est baladé dans la grotte et a ensuite fait une incursion dehors.

 

Alors que nous commençons à ramener le matériel, Jérôme et Sylvain nous rejoignent pour nous aider. Grâce à eux trois, je ne suis que peu chargé et beaucoup de matériel sera sortis. Enfin dehors, nous attaquons les grillades bien arrosées, et c’est notamment l’occasion de mieux connaître les différentes sorties spéléos entreprises par l’équipe de Bellegarde et leurs projets.

 

 

 

18.06 :

 

 

 

Présents : Bébert, Stéphane

 

 

 

Sortie pour réacheminer et reconditionner le matos. Bébert en profite pour remettre de l’ordre dans les blocs entreposés avec un système de fixation plus solide où les blocs sont en plus indépendants les uns des autres.

 

 

 

10.07 :

 

 

 

Présents : Bébert, Ghislain, Isabelle, Ludo, Lulu, Maya, Moogly, Nico, Nida, Stéphane, Toune

 

 

 

Temps pourri depuis des lustres et voici enfin un moment favorable depuis quelques jours ! Le matos est prêt, il y a du monde mais… suite à de gros orages matinaux, des trombes d’eau s’abattent bientôt sur les bâches prestement installées par Lulu et Toune derrière les voitures. Après hésitation pour savoir s’il est possible de devancer l’arrivée de la pluie dans le réseau nous convenons qu’il est plus sage de renoncer et attaquons le barbecue en avance. L’après-midi sera finalement ensoleillée…mais ce n’était pas ce que la météo avait annoncé. Tout s’est donc joué à quelques heures près…

 

Nous mangeons des kilos de grillades durant l’après-midi. Lulu et Bébert nous relatent leurs souvenirs communs, entre autres leur sauvetage au Maroc et la fameuse réception à l’Elysée avec la cocasse scène où « le grand Nono », prenant Mitterrand par l’épaule, dit : « Bébert, viens vite me prendre en photo pendant que je serre la paluche à la grenouille ! »

 

 

 

31.07 :

 

 

 

Présents : Sylvain Lancia, Stéphane, Toune

 

 

 

Après quasiment dix jours de précipitations nous nous y remettons et amenons du matériel près du S2.

 

 

 

02.08 :

 

 

 

Présents : Bébert, Maya, Stéphane

 

 

 

De bonnes conditions étant installées et le matériel prêt, je me dis que cette fois ça va le faire. D’ailleurs il ne reste plus qu’à fermer la combinaison étanche mais un dépôt d’argile entre les dents la rend un peu dure et elle ne résiste pas à la détermination de Bébert : fermeture cassée. Il faudra même découper la combi au sécateur pour que je puisse m’en extraire. Je suis très déçu - pour ne pas dire plus ! -, surtout après cette longue attente due aux pluies qui caractérisent cet été.

 

 

 

13.08 :

 

 

 

Présents : Alex, Maya, Nida, Serge, Stéphane, Toune

 

 

 

Retour avec une combinaison de remplacement. Parvenu dans la remontée après la salle vers 100 m. de l’entrée je ne parviens que difficilement à évacuer l’air de la combi car les plis de la sous-combi se sont probablement pris dans la purge, rendant l’évacuation d’air difficile et très longue. Surtout avec la remontée de puits qui m’attend plus loin, je ne peux pas me permettre de continuer ainsi. Pas le temps de régler le problème et d’y retourner une seconde fois, alors je sors et prends mon mal en patience.

 

 

 

20.08 :

 

 

 

Présents : Bébert, Christophe, Jérôme, Marc, Maya, Nida, Stéphane, Toune, Vistalle. Venus en soirée : Bertrand, Franck, Ghislain, Jean, Michel.

 

 

 

Juste avant la zone profonde, lorsque je me pose sur le sol, la visibilité déjà médiocre se réduit à 20-30 cm et un relai se prend dans l’ancien fil à un endroit où il traverse le milieu de la galerie. Pour y voir quelque chose et ne plus soulever d’argile je m’élève un peu, puis me stabilise en pleine eau afin de me dégager tranquillement.

 

Durant tout le trajet dans la zone profonde je ne verrai qu’une seule paroi à la fois, la visibilité ne dépassant pas 1,5 m. Parvenu au bas du puits elle n’est toujours pas meilleure. Je ne vais pas tirer le fil topo sans voir suffisamment bien où le poser et préfère alors effectuer quelque chose de toute façon indispensable : retirer l’ancien fil là où il gêne le plus. J’en enlève donc 260 m dans une touille intermittente depuis 40 m. de profondeur jusqu’à 150 m. de l’entrée où le câble le remplace, et sors satisfait de ne plus devoir zigzaguer à l’avenir dans le conduit pour l’éviter.

 

Nous passerons ensuite un bon moment autour du feu avec une bonne part de l’équipe qui était active ici dans les années quatre-vingt, soirée riche en rires et anecdotes. Nous avons notamment beaucoup d’explications sur les conditions de plongée de l’époque lorsque la route d’accès n’existait pas et qu’il fallait passer à travers les bois et remonter dans la rivière de la Volferine. Ce fut donc dès 1970 la période des premières plongées effectuées par les lyonnais en passant par le premier siphon alors que l’entrée supérieure n’existait pas. A partir de 1978, celles des bellegardiens en humide et avec les Aquaflash, qui marquèrent notamment les premières incursions dans le siphon de la galerie Saint-Valentin. Les suivantes en étanche et blocs de 20 l, conjointement effectuées par les bellegardiens et les parisiens dès 1981.

 

 

 

28.08 :

 

 

 

Présents : Johnny, Ludo, Stéphane, Sylvain Sautier, Toune

 

 

 

Un des blocs monté sur le recycleur en bord de siphon est vide. Nous montons un autre bloc de réserve nettement plus léger, ce qui rend l’ensemble déséquilibré, mais ça le fera.

 

Johnny plonge en premier et me pose un relais avant d’effectuer la topo de 170 m. quasiment jusqu’à l’entrée, car les derniers 40 m. sont plutôt de l’ordre du demi-mètre de visibilité.

 

Je pars après lui et constate qu’un des autres blocs laissé dans le siphon est également vide, ce qui ne me permet pas d’aller bien loin.

 

 

 

02.09 :

 

 

 

Présents : Ariane, Greg, Johnny, Stéphane, Valérie

 

 

 

Nous amenons les blocs à nouveau remplis et préparons un peu le matos mais c’est surtout en mode balade que nous venons. Ainsi le clou de la journée est incontestablement la virée dans la galerie Kensicher ! Cela commence assez vite par le fou rire de Valérie dans le passage bas rempli de glaise qu’il faut passer en rampant. Puis la bataille avec le même matériau accroupis dans le boyau, donnant l’impression d’être des fantassins piégés dans une tranchée, essayant tant bien que mal de se soustraire aux éclats et de riposter vaillamment.

 

Vers la sortie de cette galerie nous chassons malgré nous une grande chauve-souris vers l’extérieur ; elle tourne en attendant de pouvoir réintégrer la grotte alors nous ne restons que peu de temps dehors.

 

De retour au passage bas, Johnny et Greg rajoutent une dense couche de boue et de mondmilch, obligeant ainsi Ariane à copieusement se barbouiller le visage. Arrivé à mon tour, une embuscade tendue par les deux gaillards semble inéluctable, les devinant fin prêts en sortie des deux mètres à effectuer en reptation. Je m’élance en me marrant des suites possibles et, la tête à peine passée de l’autre côté, je me retrouve le visage intégralement plaqué dans la boue par les bons soins de Greg, provoquant évidemment un énorme fou rire général ! Bref, une bonne journée quasi juste pour le plaisir.

 

 

 

 

 

06.09 :

 

 

 

Présents : Lulu, Sylvain, Stéphane

 

 

 

Lulu ne la sent pas suite aux récentes pluies qui ont dû fortement altérer la visibilité. Grâce au pluviomètre de Ghislain nous avons dorénavant une bonne idée de ce qui est tombé sur le plateau. Je veux quand même tenter le coup.

 

La première portion du siphon étant toujours plus claire, ce n’est que parvenu à une soixantaine de mètres de l’entrée que je réalise que la visibilité est effectivement mauvaise. Je pousse quand même jusqu’à la salle pour me faire une meilleure idée de ce qu’on aura plus loin : moins d’un mètre. Je me dépêche de rebrousser chemin pour retrouver Sylvain qui n’a heureusement pas encore déserté le coin. Nous laissons tout le matos au bord du siphon pour une prochaine fois et passons du bon temps autour du feu.

 

 

 

11.09 :

 

 

 

Présent : Stéphane

 

 

 

Plongée un peu improvisée une fois revenu de plusieurs jours de balade dans le Jura avec Maya. M’y prenant donc tard, personne n’est dispo pour venir m’aider le lendemain.

 

Dimanche le temps s’annonce à nouveau à l’orage mais les sites météos l’annoncent tous avec un certain délai alors, après un téléphone matinal pour prendre conseil auprès de Toune, je décide de me lancer et entre sous terre peu après midi.

 

Un gros kit bourré au maximum me permet de ne faire qu’un voyage. Presque tout est prêt suite à la plongée avortée de mardi lorsque nous étions venus avec Sylvain. Habillage et mise à l’eau sans encombre.

 

Décidément, sur les premières dizaines de mètres, la visibilité est toujours prometteuse, peut-être est-ce du au fait qu’avec le léger courant entrant l’argile ne se dépose que plus loin.

 

A une cinquantaine de mètres de l’entrée la visibilité est de l’ordre de deux ou trois mètres, avec beaucoup de particules en suspension, c’est suffisant et je suis soulagé.

 

Je contrôle ma bouteille d’oxygène laissée dans le siphon et m’empare du propulseur déposé vers 180 m. Peu après 200 m, en descendant un ressaut, la visibilité se dégrade brusquement, comme à chaque passage dans une zone plus profonde de ce siphon. Distrait par mes pensées, je m’engage alors sans le remarquer dans le shunt, le fil noirci m’alerte aussitôt et je retourne dans la galerie principale.

 

Dans la zone des 300 m. la visibilité croit de façon spectaculaire : j’ai devant moi une bonne dizaine de mètres d’une eau dans les tons non plus jaunes mais bleus ; c’est aujourd’hui vraiment superbe ! Cette eau vient de cette fameuse faille verticale en rive gauche, propre et joliment découpée, qu’il faudra une fois remonter avec des blocs sur les côtés.

 

A 410 m. se trouvent en dépôt mes deux blocs de trimix pour la zone profonde que je traverse à vitesse modérée, autant pour économiser les batteries du propulseur avec lequel je compte faire deux plongées dans la zone du terminus, que pour l’habituelle condition de visibilité : cette partie est décidément toujours la plus sale, et le plafond parfois proche, merci les protections de robinetterie !

 

Soudain les deux fils remontent quasi à la verticale et je stoppe in extremis juste avant d’arriver contre eux : le puits est là, ainsi que le dévidoir et un autre bloc déposé il y a quelques temps. Un peu trop lesté, je peine pour m’élever dans le puits et m’essouffle un peu. Lorsque je parviens au passage horizontal à 35 m. je dépose les deux blocs pour le fond et récupère vite une respiration adaptée.

 

Je raccorde bientôt le nouveau fil et découvre la suite de ce beau puits d’environ 4 mètres de diamètre. Plutôt arrondi dans le dos, il prend la forme d’un V en face où sont présentes de belles cannelures verticales avec, vers le haut, alternance de vires surcreusées et de pans verticaux de quelques dizaines de centimètres.

 

Le fil de Xavier Goyet quitte le puits vers 20 m. pour s’engouffrer dans une galerie chaotique ; au-dessus le puits semble prendre une forme plus conique.

 

J’attache mon fil à un bloc déposé sur une margelle, provoquant une avalanche de touille qui dégringole dans le puits en formant de grosses volutes, puis je m’engage dans la galerie. Le fil de Xavier part en rive gauche, je déroule le mien de l’autre côté. Cette zone ressemble un peu au début du siphon : il y a quantité de blocs de toutes tailles entre lesquels il faut passer, le plafond se situe à 1-1,5 m. de hauteur. Deux différences cependant : le plafond est parfois constitué ici de couches superposées visiblement disjointes. De plus, le dépôt argileux est ici plus important, rabaissant considérablement la visibilité lors des amarrages de fil. J’essaie de trouver une bonne trajectoire pour la mise en place de ce dernier ; il m’arrive de m’y prendre en plusieurs fois pour mieux le faire passer avant de renoncer lorsque c’est devenu trop opaque.

 

Voici le fil de Xavier attaché à un petit rocher en milieu de galerie, marquant son terminus, à une distance d’environ 700 mètres. La zone est ici plus spacieuse, plus régulière et rectangulaire, elle comporte beaucoup moins de blocs au sol, ressemblant par certains aspects à la partie exondée de la galerie de la Saint-Valentin avant le ressaut qui mène au siphon. S’ensuit une sorte de dépression dans le sol et, juste après, une remontée jusqu’à 15 m. avec la galerie qui continue devant.

 

Dans cette zone la visibilité est nettement moins bonne. Il me semble voir une grande cheminée sur la gauche qui pourrait être très prometteuse, je m’élève un peu mais l’eau est très chargée en particules, les parois sont recouvertes d’argile, et je ne réussis donc pas à me faire une idée de sa forme. Je préfère compter sur l’absence de précipitations prévue dans les jours suivants pour revenir avec une meilleure visibilité, ne tenant pas à remonter dans la cheminée sans voir où je vais, risquant en plus de tout salir pour un bon moment.

 

Le retour dans la galerie profonde se fait l’œil rivé au fil, les protections de robinetterie cognent quelque fois le plafond car je ne vois pas au-delà du mètre. Dépose des blocs inutiles et du propulseur au alentour de 200 m.

 

Je vais ensuite fureter vers les amorces des deux galeries supérieures qu’il y a dans la zone à environ 100 m. de l’entrée ; il faudra aussi y aller à l’anglaise pour y voir en détail mais il semble certain que ça queute. Je majore mes paliers en vue des efforts modérés qu’il faudra faire pour sortir une partie du matos.

 

Je suis soulagé qu’après la météo capricieuse et les ennuis de matériel cette fois tout se soit bien passé, me disant que jamais je n’ai connu autant de déboires au même endroit. Bref, content que ça avance enfin, même si ce n’est qu’un tout petit peu !

 

Parvenu à l’entrée de la grotte je m’assois sur la vire et savoure assis un petit moment la vue qui s’offre à moi : le soleil met en valeur la vallée de la Valserine, l’air est limpide, je suis impatient de revenir !

 

 

 

15.09 :

 

 

 

Participants : Lulu, Stéphane, Toune, Vistalle

 

 

 

Lulu a un souci de voiture et nous rejoindra plus tard et Toune s’est fait mal à un genou. Il est quand même venu malgré qu’il soit bien enflé mais il nous attendra évidemment dehors. Nous rentrons sous terre vers midi avec Vistalle. Il m’aide à acheminer une partie du matos déposé dans la zone de dépôt et me donne un coup de main pour mettre le recycleur sur le dos.

 

Peu après le départ mon bloc d’oxygène se prend dans le fil sans que je le remarque de suite : me voici donc coincé en tension dans un passage bas au niveau de la boucle de la sous-cutale où il y a aussi plusieurs objets offrant un bon piège à fil. Il me faut bien deux minutes dans une position plutôt inconfortable pour me dégager.

 

Je continue et pose le bloc d’oxygène, me régale à vitesse lente avec le propulseur sur les 400 premiers mètres dans cette galerie sinueuse.

 

Voici le puits et la lente remontée avec de petits paliers, en ayant toujours un œil sur l’ancien fil qui traîne en permanence dans mon dos, juste sous la voûte.

 

Maintenant, à ma droite, la galerie qui débouche dans le puits. Cette fois j’observe mieux les couches qui composent le plafond et avance en poussant parfois le propulseur, ou alors en le conduisant à vitesse très réduite, car la conduite est ardue dans cette zone basse et encombrée.

 

Je retrouve la galerie à nouveau spacieuse, raccorde bientôt mon dévidoir et ne fais que quelques mètres pour constater que ça remonte clairement juste après : 8 m. A ce moment je réalise que la cheminée devinée l’autre fois n’est en fait que le plafond de la galerie qui se présente depuis quelques mètres en trou de serrure ! Juste devant, un petit dôme : la galerie remonte à au moins 6 m. La possible et très attendue surface est peut-être juste là au-dessus mais je dois effectuer de courts paliers et n’ai pas d’oxygène. Je pourrais les effectuer au nitrox mais suis à la limite de me faire emporter au plafond car, à ma surprise, je suis bien trop léger (je verrai plus tard que mon inflateur de stab. étant défectueux de l’air est resté emprisonné) et dois me battre pour redescendre au sol. Je pourrais bricoler en tenant un gros caillou pour guigner plus haut, tout en tenant le fil de l’autre main, mais me ravise en me disant que le moment n’est pas trop propice à ce genre de cabrioles. Je scrute du mieux possible mais ne puis voir assez loin pour deviner un hypothétique miroir alors j’entame bientôt le retour.

 

En revenant à proximité du puits je remarque en rive droite le départ d’une petite galerie. Je m’y engage mais constate aussitôt que c’est un cul de sac partiellement rempli d’argile et, à cet instant, un petit bloc se détache du plafond et me tombe sur l’avant-bras droit,… ce qui me conduit évidemment sans tarder dans le puits.

 

Reprise des blocs fond et direction la sortie l’œil encore collé au fil. Premiers paliers où je profite d’effectuer une part de topo. sur quelques dizaines de mètres. J’arrête bientôt car, avec les blocs en relais et le propulseur qui traîne derrière, ce n’est pas pratique.

 

Une fois sorti, Vistalle et Lulu sont déjà là. Je décris la zone du terminus à Lulu qui me fait part de sa conviction que le siphon, outre sa faible profondeur, comporte toutes les caractéristiques d’une proche sortie et que la zone d’éboulement à proximité du puits est peut-être temporairement émergée. Ceci expliquerait peut-être aussi la visibilité moindre dans la zone terminale.

 

 

 

25.09 :

 

 

 

Présents : Michel, Stéphane, Thierry, Toune

 

 

 

Pas très en forme, je suis quand même venu pour tenter la plongée mais, sitôt dans l’eau, je constate en plus que la respiration dans le recycleur est inconfortable. La chaux est moyennement usée mais, étant donné que la zone profonde est courte, que je suis au propulseur et…curieux de la suite qui signifie peut-être de la fin du siphon, je continue quand même.

 

Parvenu en bas du puits je m’essouffle et dois même passer en circuit ouvert. Aussitôt tout rentre dans l’ordre mais je ne peux raisonnablement pas continuer ainsi. Le recycleur laissé au bord du siphon a dû subir une montée d’eau lors des pluies ainsi qu’une irruption d’eau dans le canister de chaux, ce qui accroit évidemment le problème.

 

Le retour dans la zone profonde est pénible mais je me force à ne pas passer en ouvert pour ne pas gaspiller de gaz. Parvenu à 40 m. je suis cette fois obligé de passer sur un détendeur et, sur le reste du trajet de retour, je suis contraint d’alterner passages en recycleur et en circuit ouvert. Lorsque vers 300 m. de l’entrée je dois à nouveau quitter le recycleur, il me faut forcer pour refermer l’embout au moment même où je me trouve déséquilibré et dois donc faire un effort pour me maintenir stabilisé. Alors que je m’apprête à mettre le détendeur en bouche, l’embout du recycleur se plaque entre ce dernier et ma bouche, je l’écarte, tente d’appuyer sur la purge de surpression qui fonctionne mal et aspire un mélange d’air et… d’eau. Je ne suis pas loin d’un blocage des voies aériennes et ne peux réfréner les réflexes de toux, considérablement gêné par une respiration qui ne laisse passer que peu très d’air. Passé les premiers échanges je suis redevenu calme car j’ai réalisé que ma respiration n’était pas intégralement bloquée, et que ce n’était donc qu’une question de temps pour qu’elle soit à nouveau adaptée. Très concentré, mais sans pouvoir réellement contrôler la respiration par la volonté comme lors d’un essoufflement, de longues minutes me seront quand même nécessaires pour pleinement récupérer. Je n’en reviendrai alors pas de ce que j’aurai consommé à seulement 20 m. de profondeur ! C’est là qu’on se rend compte qu’une bonne réserve de gaz est nécessaire et, qu’en plus, le savoir en suffisance n’induit pas de stress supplémentaire, …surtout dans un cas où il est difficile d’avoir une réelle influence sur le cours des choses !

 

Le retour est épique et j’attends le dernier palier pour repasser sur le recycleur le plus longtemps possible étant donné que je n’ai qu’une 4 l. d’oxygène et que je ne les ferai au nitrox que si nécessaire. Une fois la position statique terminée je préfère ressortir en ouvert après avoir quand même pu majorer mes paliers. Michel et Toune m’attendent au bord du siphon et je leur fait part de ma mésaventure …et de ma grave erreur d’avoir quand même tenté le coup dans ces conditions.

 

 

 

09.10 :

 

 

 

Présents : Christophe, Ludo, Michel, Stéphane, Toune,Vistalle

 

 

 

Sortie à la galerie du Mât. Christophe, Ludo et Vistalle vont tenter de désamorcer les deux siphons pour poursuivre l’exploration entreprise il y a quelques jours dans la galerie perpendiculaire proche du siphon terminal ; ils vont aussi tenter la désobstruction au-dessus du siphon.

 

Pour ma part, je vais jeter un œil en combi humide dans la galerie également perpendiculaire au début du siphon du Mât où Michel Neyroud avait été en 1978. Avec ses lampes de faible puissance il n’avait pas pu bien observer la partie exondée qu’il y a au bout de ce petit siphon. Il m’a aussi parlé d’une lucarne située dans une des cloches derrière laquelle il avait perçu un bruit de cascade et qui serait donc aussi à revoir.

 

Comme il me l’a décrit, ce siphon est joli et propre, sauf vers la fin. A l’extrémité du siphon il y a effectivement une cheminée pas très raide d’environ deux mètres par trois que j’éclaire en hauteur sur environ sept mètres et qui à l’air de pincer à son sommet. Il faudrait quand même y monter pour vérifier mais l’argile rend l’ascension très délicate au début et je m’abstiens. Juste au-dessus de l’eau un conduit très étroit et argileux mène tout droit sur quelques mètres à un minuscule plan d’eau.

 

De retour dans la cloche de la lucarne je laisse le matériel dans l’eau et passe par celle-ci pour jeter un œil. Après quelques mètres la petite galerie débouche sur un puits d’environ cinq mètres à la base duquel de l’eau arrive effectivement dans une petite vasque. Mieux vaudra revenir avec du matériel pour assurer la descente et plonger ce siphon qui semble se diriger en direction de la galerie du Mât... J’ai trop froid pour rester plus longtemps et je sors rejoindre Michel et Toune.

 

 

 

 

 

18.10 :

 

 

 

Présents : Scott, Stéphane

 

 

 

Nous venons pour amener le propulseur, remettre de l’ordre dans le matériel déposé qui a été déplacé par la montée du siphon (64 mm. en trois jours à Giron il y a peu) et en profitons pour sortir deux blocs remplis au quart.

 

 

 

25.10 :

 

 

 

Présents : Jérôme, Stéphane

 

 

 

Ghislain nous apprend que finalement ce sont encore 26 mm supplémentaires qui sont tombés en deux jours. Probablement trop pour y aller alors je préfère annuler une fois sur place. Jérôme se propose encore une fois de m’aider et me rejoint sur le parking car j’ai quand même du matos à ressortir pour plonger ailleurs. Et là, surprise, la vasque du S1 est quasi pleine, bien plus que ce que nous aurions attendu.

 

Parvenus au S2, nous constatons que celui-ci est au niveau du ressaut où coule la mini cascade, le châssis du recycleur, la stab réparée et les deux blocs sont donc sagement en attente sous quelques mètres d’eau. Nous sortons du matos et constatons au retour que le niveau a déjà dû baisser d’environ 1,5 m. dans la vasque durant notre courte incursion.

 

 

 

23.11 :

 

 

 

Présents : Bébert, Jérôme, Stéphane, Sylvain

 

 

 

Jérôme vient peu après midi nous amener la caméra pour filmer le siphon et, après quelques bavardages et avoir goûté à sa pizza, nous partons sous terre avec Bébert. Nous croisons le grand rhinolophe suspendu peu avant les ressauts et cheminons en discutant quasi tout du long. Parvenu au siphon, Bébert m’aide pour amener du matos et pour la mise à l’eau tout en pestant épisodiquement sur son flash qui ne se met pas en route - le « made in Switzerland » en prend un sacré coup ce jour-là !

 

Je me régale d’emblée de la visibilité exceptionnelle, peut-être huit mètres, en tout cas même bien au-delà de celle attendue après ces semaines sans pluies, une excellente raison pour ne pas me presser et m’en mettre plein la vue ! Chaque portion se révèle comme jamais : d’un coup d’œil je vois cette fois la petite salle dans son intégralité, je remarque des recoins jusque-là inaperçus à l’opposé de la galerie où je chemine, et la partie tout en horizontalité vers 300 m. qui bénéficie de l’arrivée d’eau claire est aujourd’hui fantastique : on se croirait simplement dans le Lot !

 

Dépose de ma 4 l. d’oxygène puis l’habituel changement de gaz à 40 m. où je retrouve mon bloc de mélange fond laissé il y a un mois. De l’autre côté de la partie profonde la remontée du puits se fait lentement, en appréciant bien le paysage avec un ou deux stops, puis je retrouve mon autre relai au début de la galerie perpendiculaire au puits. Vu que je n’ai sur moi que des blocs partiellement pleins, je suis satisfait de constater que celui-ci est pleinement opérationnel, ce qui me permettra de continuer avec de la marge de gaz.

 

Parvenu au terminus, ça remonte sur quelques mètres mais je suis rapidement déçu de constater que le plafond demeure sans discontinuité malgré la profondeur encore plus faible, de l’ordre de trois mètres. Mince, pas de sortie escomptée, voilà même que ça redescend légèrement à une dizaine de mètres! Pente douce puis un petit ressaut, pour une largeur de trois à quatre mètres le plafond de la galerie se rapproche ponctuellement jusqu’à moins d’un mètre : j’arrive à un rétrécissement mais ne parviens pas à le passer car des lames descendent du plafond. Je ne veux pas forcer alors je retourne en arrière poser le dévidoir que j’ai sur la poitrine, puis mon relai qui me gêne aussi. Peu importe, j’ai tout le temps à cette profondeur. Cette fois ça passe après avoir quand même dû déplacer de petits blocs, suit un mini ressaut, ça continue toujours dans la même direction nord-est, je garde constamment un œil vers le haut et là, sapristi : une surface ! Enfin ! Je l’observe intensément tout sourire alors qu’il ne me reste presque plus de paliers.

 

Voilà, paliers terminés, j’y monte très impatient, sors la tête, vérifie précautionneusement que l’air n’est pas vicié et respire à l’air libre - enfin presque : une belle cheminée monte sur au moins huit mètres, pas intégralement verticale, avec la roche partiellement recouverte d’argile. Bon, mais il n’y pas moyen de prendre pied, alors la suite ? Le siphon reprend et c’est bientôt une pente douce et argileuse qui en marque la fin,…quelques mètres après les 780 m. de fil préparés par Lulu auquel je pense en me marrant.

 

Je ressors la tête de l’eau et me pose confortablement à genoux. Il y a aussi ici une cheminée qui monte hors de vue mais qui à l’air de rétrécir. Il y a surtout juste en face un petit monticule incontournable avec des rochers intégralement recouverts d’argile, mais aucun bruit d’écoulement d’eau ne s’entend à proximité. Ceci n’augure probablement pas de belle suite exondée alors je sors sans me déséquiper et monte péniblement la pente sur deux ou trois mètres pour apercevoir de l’autre côté une très belle vasque elliptique en contrebas, dont l’eau très claire donne fortement envie d’y plonger. Avec le poids sur le dos je n’ai guère le temps de repérer une mise à l’eau adéquate mais, sur cette pente argileuse, celle-ci s’apparenterait plutôt à celle d’un phoque sur la banquise, d’où une remontée ultérieure probablement ardue.

 

Il faudra donc revenir avec du matos plus léger, de quoi assurer la remontée, et peut-être à deux. Il y a aussi un conduit horizontal très étroit et argileux qui s’enfonce dans la paroi. Je redescends vers l’eau, très concentré pour ne pas glisser, et me prépare tranquillement pour le retour.

 

Je préfère tout ressortir le plus loin possible de façon à faire le tri de matos car je ne pense pas revenir autrement qu’avec le recycleur fermé, c'est-à-dire l’année prochaine. Au palier de 12 m. je profite pour repositionner au mieux les blocs. Bien m’en a pris car certains des passages à partir de 130 mètres n’auront pas été évidents avec six blocs en relai et deux dévidoirs mais, en y allant tout en douceur, je peux ressortir la totalité du matos.

 

Le temps de commencer le reconditionnement je me réjouis bientôt des sons et des lumières qui se rapprochent : voici Jérôme et Sylvain. Je suis content de leur annoncer la sortie du siphon même si ce n’est pas celle qu’on aurait tous souhaité, et surtout soulagé qu’il y ait enfin du concret, bien que l’avancée soit petite. On va surtout pouvoir repartir sur de nouvelles bases en sachant mieux à quoi nous en tenir.

 

Sylvain se charge généreusement du propulseur qu’il amène au ressaut pendant qu’avec Jérôme nous amenons tout le reste dans la zone de dépôt. Ensuite nous partons les trois avec un kit, Jérôme se chargeant de deux kits pour la dernière partie. Enfin, une belle sortie sous la voûte étoilée avant l’allumage du feu toujours aussi épique, avec ce coup-ci le carbure utilisé en dernier ressort. Place au morbier, au thé et aux bières pour finir la soirée après quelques nouvelles données aux copains par téléphone.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

30.11 :

 

 

 

Participants : Jérôme, Stéphane, Sylvain

 

 

 

Le but est de ramener le matos qui ne servira pas l’année prochaine. J’effectue quelques trajets du fond aux ressauts après avoir croisé Isabelle, Bébert, Lulu et Ghislain qui effectuait sa première incursion à la Trouillette. Depuis le temps qu’il la suit de si près, je suis content qu’il puisse enfin la voir avec ses guides et dans les détails !

 

Jérôme et Sylvain me rejoignent après avoir aussi discuté avec la même équipe entre-temps sortie. Nous ressortirons huit blocs, certains vides depuis des lustres, le propulseur et le recycleur avant de foncer en ville pour essayer de trouver encore de quoi manger. Nous finirons au club spéléo de Bellegarde devant les grands croquis et autres topos de la Rasse et de la Roche Fauconnière qui recouvrent les murs tout en dévorant un kebab et des frites, accompagnés d’un excellent Riesling encore bien frais amené par Jérôme.

 

 

 

 

 

 

 

Matériel utilisé pour les plongées principales :

 

 

 

- Combinaison SF Tech néoprène compressé

 

- Recycleur semi-fermé EDO 04

 

- 2 x12 l. dorsal Nx 30 (réserve et inflation)

 

- 2 x 6 l. Nx 40 (un bloc pour le trajet jusqu’à 40 m et la décompression, l’autre pour au-delà du puits)

 

- 2 x 7 l. Tx 21/30 (trajet zone profonde)

 

- 1 x 4 l. oxygène (décompression) / 1 x 2 l. oxygène (décompression de l’autre côté)

 

- Propulseur Bonex Edition

 

 

 

Les blocs dorsaux de réserve permettent donc de vider les autres blocs ou de jongler avec des bouteilles partiellement remplies, le but étant de limiter le transport de matériel dans la galerie sèche.

 

 

 

Un grand merci à tous pour votre précieuse aide qui nous a permis d’en connaître un peu plus sur cette intéressante cavité !

 

 

 

Stéphane"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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